Réunion régionale des CCE à la Réunion

Visite de la NRL par les CCE

La septième réunion régionale annuelle des Conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF) s’est déroulée à la Réunion du 9 au 11 mai 2019. Elle a été organisée par le Comité Réunion présidé par Bruno Millot.

Cette année, la thématique développée a été : « l’intelligence économique et intérêts français dans la zone océan Indien ».

La réunion régionale a reçu non seulement des délégations des quatre comités de l’océan Indien : La Réunion, Mayotte, Madagascar et Maurice mais également des invités du comité du Kenya, des diplomates, des élus et des institutionnels. 90 participants ont assisté à cet évènement.

Cet évènement annuel se veut un lieu à la fois d’échanges et de réflexion entre les chefs d’entreprises, nommés par le premier ministre en qualité de Conseillers du commerce extérieur de la France unis dans un réseau mondial, conscients du rôle majeur que revêt sur nos territoires l’internationalisation de l’économie et de la nécessité de développer la présence française sur les marchés étrangers.

Thème de la réunion régionale

« L’INTELLIGENCE ECONOMIQUE ET INTERETS FRANÇAIS DANS LA ZONE OCEAN INDIEN. »

Pourquoi le choix de ce sujet ?

L’intelligence économique s’est longtemps définie comme une manière de protéger et faire prospérer un avantage concurrentiel dans le contexte de la mondialisation. La première initiative a été impulsée par Edith Cresson en 1992, puis sera conceptualisée au travers d’une politique publique intitulée « compétitivité et sécurité économiques » mise en place par Edouard Balladur en 1995.

Ces dernières années, l’intelligence économique a permis et permet d’anticiper et d’ana- lyser les tendances des secteurs d’activité des entreprises.

Pour l’Etat, elle est une aide pour accompagner les mutations économiques.

Confiée à un prestataire ou pratiquée en interne, elle se base sur la collecte, l’analyse stratégique et la diffusion des informations utiles pour aider à la décision.

La consécration de la politique publique d’intelligence économique (PPIE) à la française a fait l’objet de nombreuses évolutions, de remises en question et de critiques notamment au regard de la prééminence de l’aspect défensif sur l’offensif.

Il faut dire que le concept américain de « competitive intelligence » s’est quant à lui construit sur le besoin de surveillance des concurrents pour obtenir des renseignements clés et doper les profits et bénéfices américains.

Dans ce contexte de compétition sur fond de tensions internationales, les évolutions technologiques et la transformation numérique, trustées par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) ou encore les BATX chinois (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiomi), renforcent le besoin de protection des entreprises.

Pour faire face à ces nouveaux enjeux, l’Etat stratège substitue sa PPIE par un nouveau paradigme de sécurité économique qui vise à assurer la défense et la promotion des intérêts économiques, industriels et scientifiques de la Nation, constitués notamment des actifs matériels et immatériels stratégiques pour l’économie française.

Cette nouvelle politique publique de sécurité économique (PPSE) inclut la défense de la souveraineté numérique et vise à promouvoir une culture de cyber-sécurité. Gage d’un intérêt fort de l’Etat, le décret du 20 mars 2019 consacre la constitution d’un comité de défense et de sécurité économique.

Cette réforme se fonde notamment sur la volonté du gouvernement français de donner la priorité à une dimension plus opérationnelle au service de la souveraineté économique de la Nation.

En octobre 2018 lorsque se tient le Shanghai competitive Forum où était présenté

« Intelligence économique nationale : étude comparative sur les pratiques en France et en Chine » *, les conclusions étaient que le modèle français d’une intelligence économique comprenant une forte implication du gouvernement intéresse les autorités chinoises sur les cinq points majeurs suivants :

  • Histoire et tendances du concept français d’« intelligence économique »
  • Les pôles de compétitivité en Europe et en France
  • Le rôle du gouvernement et des organisations professionnelles dans le développement de l’intelligence économique au service des industries agro- alimentaires
  • L’intelligence économique territoriale à travers l’exemple de Poitou-Charentes
  • L’approche public-privé de la diplomatie d’influence à travers l’exemple de la politique d’image française dans la concurrence interétatique.

Si la nation la plus puissante du monde s’intéresse avec autant de pragmatisme au modèle français, comment pourrions-nous passer à côté d’un signal aussi fort sur notre potentiel ?

La France peut non seulement résister aux attaques mais être proactive, demeurer un modèle sur le devant de la scène pour elle-même et pour les autres nations.

Fort de 4 000 chefs d’entreprises, des plus actifs du pays, implanté dans 140 pays, le réseau des CCEF est au plus près des marchés, des tendances, des clients. Ils sont en première ligne, constituent le formidable maillage professionnel de soutien au cœur de l’intelligence économique. Ce réseau est l’acteur et le témoin économique au service des institutions de notre pays.

Selon Benoît de Saint-Sernin, directeur général du Groupe EEIE (Ecole Européenne d’Intelligence Economique), « …Les services d’intelligence économique ne sont plus seu- lement des cellules exclusivement dédiées aux hauts dirigeants chargés de la stratégie ; aujourd’hui, elles sont au service de toutes les fonctions : recherche et développement, RH, ingénieurs d’affaires, sécurité, commerciaux …

Dans ce contexte, les experts en intelligence économique ne sont plus de simples inves- tigateurs. Ils doivent comprendre les enjeux, discerner les évolutions, déceler les signaux faibles et établir de réelles recommandations sur chacun de leur dossier. Même en interne, il leur faut développer de vraies compétences de consultant : comprendre le besoin, établir un cahier des charges précis, élaborer des livrables adaptés. En écoute permanente, ils sont les témoins au quotidien de l’accélération de l’évolution de notre société, de ses risques et de ses opportunités. »

*Lancé par un groupe de travail dirigé par les Professeurs Qihao MIAO (Président de l’Association de Shanghai pour l’Information Scientifique & Technique) et Henri Dou (Atelis ESCEM)

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